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Les Mouettes genevoises, actrices de la mobilité (en eau) douce

Leur silhouette gracile et leur teinte jaune canari sont chères à tous les Genevois. Les Mouettes relient les deux rives du lac Léman depuis 1897. Passage en revue de ces drôles d’oiseaux, plus modernes qu’on pourrait le croire, avec leur directeur, Joël Charrière.

C’est une histoire de famille qui a mené Joël Charrière à la direction de la société des Mouettes genevoises. « Né sur un bateau », il passe une bonne partie de son enfance en mer avec ses parents saisonniers. « Jusqu’à l’âge de 9 ans, je n’ai pas pu mettre un pied à l’école », explique-t-il avec malice. En 1975, son père achète Swissboat, la compagnie de croisières sur le Léman. En 1991, il acquiert les Mouettes dont Joël devient directeur technique avant de prendre également le poste de directeur général quelques années plus tard.

Vers une flotte totalement électrique
Si l’image des Mouettes est ancrée dans le patrimoine genevois, celles-ci n’ont pas oublié de vivre avec leur temps. La plupart des bateaux de la société qui emploie 28 personnes sont en effet électriques, offrant aux voyageurs un transport silencieux et sans émissions carbone. L’entreprise est d’ailleurs précurseuse en la matière puisqu’elle a testé son premier bateau électrique en 2000 et compte passer la totalité de sa flotte à cette énergie fin 2023. Autre prouesse, les bateaux naviguent 13 heures de suite sans recharge, leur coque très légère permettant d’emporter suffisamment de batteries pour fonctionner toute la journée.
Contribuer à diminuer la circulation du centre-ville, en proposant un mode de transport confortable et ludique, constitue le projet de Joël Charrière qui rappelle que les Mouettes circulent désormais toute l’année et par tous les temps. « Qu’il pleuve ou qu’il vente, nos pilotes sont sur le lac. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas toujours une sinécure, surtout qu’en plus du mauvais temps, il faut parfois affronter la mauvaise humeur de certains voyageurs ! »

Pendulaires et enfants en goguette
« Nous avons deux principaux types de publics : les pendulaires et les touristes », explique Joël Charrière. Les premiers prennent une Mouette pour aller au centre-ville, en se garant notamment au parking de Genève-Plage. Les seconds naviguent surtout pour le plaisir. Ainsi les mercredis, les petits marins d’eau douce, accompagnés de leurs grands-parents, forment une grande partie des voyageurs.

Faire renaître une ligne d’antan
Différents essais ont été entrepris par le passé pour développer le nombre de lignes des Mouettes. « Avant le CEVA, nous avions envisagé des catamarans pour faire la liaison entre Thonon et Genève mais cela nécessitait un parking de grande capacité, ce qui nous a fait abandonner. » Le Rhône a quant à lui été éliminé car il ne permet pas une navigation assez rapide et ses abords sauvages ne facilitent pas l’accès des voyageurs.
« Nous avons pour projet de relier le débarcadère de Chateaubriand aux Eaux-Vives » confie Joël Charrière, ce qui ferait renaître une ligne qui existait auparavant. Un pont entre le passé et le présent comme savent si bien le faire les Mouettes genevoises.

En savoir plus : www.mouettesgenevoises.ch