Mobilité
Mobilité
Réconcilier ville, nature et mobilité : une ambition partagée
Le 9 juin 2026
Un récent article publié par Jardin Suisse caractérise bien l’évolution dominante des politiques urbaines contemporaines : il s’agit de reconquérir une part de nature en ville. Désimperméabilisation des sols, plantation d’arbres, création d’espaces de rencontre ou renaturation des quartiers répondent à des objectifs bien identifiés, qu’il s’agisse de lutter contre les îlots de chaleur, de favoriser la biodiversité ou d’améliorer la qualité de vie des habitants. Ces ambitions ne doivent toutefois pas être envisagées indépendamment des besoins de mobilité qui caractérisent une agglomération dense comme Genève.
La question n’est pas d’opposer mobilité et nature, mais de mieux articuler les différents usages de l’espace public ; une vision précisément défendue par la stratégie cantonale Mobilités 2030, qui constitue aujourd’hui le cadre de référence de la politique genevoise des transports. Genève a ainsi fait le choix de la complémentarité des modes de déplacement, qui repose sur l’idée d’attribuer à chaque mode le rôle le plus pertinent selon les territoires, les usages et les besoins des usagers.
Dans cette perspective, le stationnement conserve une fonction essentielle. Il constitue un maillon indispensable de l’accessibilité des centres urbains, du fonctionnement des activités économiques, des déplacements professionnels, des services à la population et des besoins de nombreux habitants. Mais il ne s’agit plus de se limiter à offrir des places : la localisation de ces infrastructures, leur gestion et leur intégration doivent être pensées dans une vision globale de la ville.
La stratégie genevoise souligne d’ailleurs que la politique du stationnement doit contribuer à valoriser les pôles urbains en augmentant les espaces de vie. Une gestion plus rationnelle du stationnement peut ainsi devenir un puissant levier de transformation urbaine. Cette vision rejoint les réflexions portées depuis plusieurs années par les acteurs genevois de l’urbanisme, pour lesquels le stationnement constitue moins une fin en soi qu’un outil au service de la qualité urbaine.
L’un des mécanismes les plus emblématiques de cette approche est le principe de compensation des places de stationnement. Lorsqu’une partie du stationnement de surface est transférée vers des ouvrages souterrains, l’espace ainsi libéré se voit réaffecté à d’autres usages : plantations d’arbres, espaces publics de qualité, cheminements piétons, pistes cyclables ou aménagements favorisant la convivialité des quartiers. La création de davantage de nature en ville ne passe pas par la suppression pure et simple du stationnement. Elle peut simplement résulter d’une meilleure organisation de celui-ci et d’une utilisation plus efficiente de l’espace disponible.
Cette politique traduit une évolution profonde de notre rapport à la ville : une ville qui reste accessible, attractive et économiquement dynamique tout en offrant davantage d’espaces de respiration à ses habitants.
Réconcilier ville et nature est un objectif que nous partageons pleinement. Pour qu’il soit durablement atteint, il doit toutefois s’inscrire dans une approche globale de la mobilité et de l’aménagement du territoire. Car la ville de demain ne se construira pas en opposant mobilité, nature et qualité de vie, mais en les pensant ensemble.
